Chronique de "Roland est mort" de Nicolas Robin

♥♥♥♥♥/5 *** COUP DE CŒUR ***




Auteur : Nicolas Robin
Editeur : Anne Carrère
Sortie : 17 mars 2016

Résumé :
Roland est mort. Les sapeurs pompiers l'ont retrouvé la tête dans la gamelle du chien. Ils viennent enlever le corps et se débarrassent du caniche en le confiant à son voisin de palier, un homme proche de la quarantaine, au chômage, très seul.
Roland est mort depuis une semaine. Son voisin ne le connaissait pas vraiment, mais il aurait dû s’en douter : il n’entendait plus les chansons de Mireille Mathieu, derrière le mur.
Il écope du chien puis de l'urne contenant les cendres du défunt. Que faire de ce lourd héritage chargé de poils et de céramique ?
Le voisin va tout tenter pour s'en débarrasser, mais en a-t-il vraiment envie ?



*** MON AVIS ***

Un excellent coup de cœur pour ce nouveau roman de Nicolas Robin, un roman qui a du mordant, qui est passionnant, une écriture qui a du chien, qui est juste, fluide, percutante et pleine de bon sens.

Roland est mort et il vient envahir la vie de son voisin, tout d'abord par son chien, puis par sa présence...poussiéreuse. Page après page, nous suivons cet homme, ce voisin, dont la vie n'est pas vraiment au beau fixe et dont le cœur vient d'être laminé par une seule phrase : "Je ne t'aime plus", un homme un peu blasé, dépité, plein de mélancolie.

Quand le chien de Roland vient pénétrer son espace personnel, commence alors une réflexion intense sur comment s'en débarrasser, car après tout, le Roland, il ne le connaissait pas, n'avait aucun contact avec, si ce n'est les nuisances sonores de Mireille Mathieu imposées à ses oreilles par cloisons interposées. Puis, après le chien, vient Roland lui-même, dans une urne au goût douteux.

Au fil de ma lecture, je me suis laissée charmer par cet homme qui usera de tous les moyens, plus ou moins tordus sortis de son esprit, pour s'alléger de son encombrant voisin et de son chien. Nous pénétrons alors la vie intime de ce voisin, ses films pornos, ses relations avec sa famille, ses pensées personnelles qui sont tantôt loufoques, tantôt réalistes. Si nous le pensons spécial et atypique, c'est un homme blessé par la vie et qui a perdu confiance en lui que nous trouvons. 
Cette quête du débarras qu'il mènera va le faire avancer, prendre conscience de certaines choses de la vie, il va se pencher sur le cas de Roland et de ce chien, qui le colle. Sous couvert d'humour et de sarcasme, ce roman dévoile de vraies questions existentielles, de vrais problèmes de solitude, mais aussi une belle tranche de vie pour ce voisin, si humain dans ses réactions, qui verra sa vie bouleversée par ce Roland qui lui tombe dessus comme la foudre, par ce chien qui lui fera les yeux doux, par une rencontre aussi spéciale qu'étrange. 

Je ne peux pas trop vous en raconter, car c'est une histoire qui se lit, qui se vit. Une histoire où arrivé à la dernière page, et bien, vous en voulez encore, juste un petit peu, pour sourire, pour épauler ce voisin si attachant, si bluffant.

La plume de Nicolas Robin est efficace sur moi, un vrai baume pour le cœur. Une plume qui allie force et humour, émotion et décadence, sensibilité et rudesse. 
Les mots utilisés par Nicolas Robin sont si vrais, si natures, sans fioriture et sans chichi, que cela impact encore plus la force du récit. 
Une écriture incisive et efficace qui vous transmet des émotions en pagaille, de la plus futile à la plus touchante.

Bref, je vous conseille cette lecture, qui sort des sentiers battus, originale, et très très addictive. Un roman avec un humour certain, à la limite du douteux, mais toujours très direct, très humain, et d'une sensibilité écrasante.

Et encore merci à Nicolas Robin pour son précieux cadeau.



Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Chronique de "Lola, petite, grosse et exhibitionniste" de Louisa Méonis

Chronique : "Je ne sais pas dire je t'aime"

Chronique : "Une vie à t'attendre"