Chronique de "En l'absence des hommes"

*** PLUS QU'UN COUP DE ♥ ***




Auteur : Philippe Besson
Éditeur : Editions Julliard / Poche avec éditions 10/18
Date de sortie : janvier 2001 / Version poche : janvier 2012

~ RÉSUMÉ ~
Été 1916. Vincent découvre la passion dans les bras d'Arthur, jeune soldat qui tente d'échapper pour quelques jours à l'horreur des tranchées. Dans le même temps, il ébauche une affection amoureuse avec l'écrivain mondain et renommé Marcel Proust. Le temps de ce bel été, l'un va devenir l'amant, l'autre l'ami. Comme deux fragiles éclats de bonheur au milieu de la tragédie.


~ MA CHRONIQUE ~

Ce roman fut pour moi bien plus qu'un coup de cœur, ce fut un réel bonheur de lecture, un amour inconsidéré à vouloir tourner les pages, encore et encore, une addiction à lire la plume de Philippe Besson, une drogue, une passion. Car oui, je peux l'avouer, je suis totalement envoûtée dès que mes yeux se posent sur les premiers mots de cet homme dont la narration est tout simplement sublime, avec des mots justes, soutenus, parfois nobles, parfois simples, mais toujours avec bon sens et allure.

Ici, nous suivons Vincent dans l'année de ses 16 ans, une année où il accueillera amitié et amour, passion et douleur, attente et optimisme. J'ai beaucoup aimé la construction du roman et son style, un style très intime puisque c'est une forme de journal, de cahier que Vincent nous offre. Ainsi nous nous sentons au plus proche de lui, de ses sentiments, de ses réflexions, de ses attentes, de ses sensations. Nous rentrons dans son intimité silencieuse. Le silence, d'ailleurs, qui occupe une place primordiale dans ce texte, un silence qui exprime beaucoup de mots.

Les échanges entre Vincent, Arthur et Marcel sont tout bonnement addictifs et très intelligents. Vincent est un adolescent mature pour son âge, avec une vision de la vie bien à lui. L'interactivité entre chacun de nos trois protagonistes est un régal, ce sont des conversations franches, pures, honnêtes dont on ressort émerveillés et avec la satisfaction que ces paroles ont trouvé un écho en nous, une pensée, un souvenir, une émotion.

Ce roman, c'est à la fois un journal intime et un roman épistolaire. Une confession, un regard tendre, un avis acéré, une mélodie douce-amère à nos oreilles...si émouvante.

Vincent nous évoque ses pensées sans filtre, avec passion et vigueur. Au fil de ma lecture, j'ai trouvé que son cœur s'apaisait, qu'il devenait plus tendre, plus émotif, plus vivant. Son âme passe d'un bonheur fulgurant, inattendu, au désespoir le plus totale, à la tragédie inévitable. D'ailleurs, l'auteur a entremêlé très justement l'éclat de l'amour face à la cruauté de la guerre, sans rien omettre, simplement avec ce qu'il faut d'horreur, de passion, de sensualité et d'amour.

Le résumé se suffit à lui-même pour vous donner l'exactitude de ce que vous trouverez dans ce livre. Par contre, n'y cherchez point d'action ou de rebondissement, car ce roman, c'est un roman de paroles, de mots, de silences, de confidences.

La plume de l'auteur me fascine. A chaque roman que je lis de lui, j'ai l'impression de le redécouvrir et de l'aimer encore plus.
Ici, sa plume est confidentielle, profonde, sensuelle, sensible, tout autant que dure, percutante, tranchante. Une plume qui transmet beaucoup d'émotions, jusqu'aux larmes. Des émotions qui m'ont envoyée un peu dans une autre dimension et que j'ai ressenti violemment, à chaque page, à chaque paragraphe.
Monsieur Besson a la virtuosité des beaux mots, des bons mots et la grâce de l'écriture et des formulations.

Bref, ce roman est pour moi plus qu'un coup de cœur et finalement je me rends compte que je ne trouve pas les mots exactes pour vous exprimer tout ce que j'ai ressenti à travers ma lecture, tout ce que ce roman m'a apportée et tout ce qu'il a fait vibrer en moi.
Si le style de l'auteur vous plaît, si vous aimez les romans de paroles, le langage soutenu et n'avez pas peur de pleurer, alors je vous le conseille vivement.



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