Chronique : "Le silence des damnés"

*** ÉMOUVANT COUP DE CŒUR ***


Auteur : Alec Ace
Éditeur : MOR publication
Date de sortie : 27 avril 2018

Service Presse Auteur

~ RÉSUMÉ ~
Au crépuscule de sa vie, Johannes Heigel décide de mettre de l'ordre dans ses affaires. Son passé semble bien loin, et pourtant le fil de ses souvenirs va le ramener à Saint-Jean, dans la France occupée de 1941. 
Commence alors le récit de sa jeunesse nazie et son existence de soldat allemand, partagé entre exaltation et désillusions, durant l’une des périodes les plus sombres de l’Histoire. 
Il revient notamment sur sa relation sulfureuse avec Maximilian Ritter, plus taboue et condamnable à toute autre, à une époque où devoir et secret ne font pas bon ménage. 
Johannes aura-t-il le temps de faire la paix avec lui-même, avant d’entamer son dernier voyage… ?


~ MA CHRONIQUE ~

Ce roman est tout simplement sublime. Dès le départ j'ai senti que ce récit allait me toucher profondément. Et bien, je ne me suis pas trompée !

Ici, nous devenons en quelque sorte la mémoire de Johannes et, en même temps, les témoins silencieux de son passé, de son amour éternel envers celui qui fera aussi bien vibrer votre cœur que l’écœurer. Johannes est un homme mystérieux qui vous réservera des surprises jusqu'au mot fin. Un homme tout en retenue et "bougonnerie", mais aussi un homme juste, gentil et loyal.

Ce que j'ai apprécié dans ce texte, c'est que l'auteur nous raconte une histoire entre hommes pendant la guerre, réalité interdite, mais surtout, chose plutôt originale, pour ma part en tout cas, c'est que cela soit uniquement du point de vue Allemand. Oui, pour une fois, nous sommes au centre de cette armée Allemande, cette armée terrifiante, rude, austère. Au cœur de ces hommes pour qui nous en venons à compatir. J'ai trouvé que l'auteur s'en sortait très bien dans ses descriptions, les lieux, les attitudes, les atmosphères... un très beau travail de recherches, ce qui confère une vraie réalité à ce roman.

Page après page, j'ai aimé me plonger dans ce journal intime, en quelque sorte, de Johannes, un texte poignant qui retrace avec justesse et pudeur, mais aussi avec dureté et toute la cruauté de cette époque, de cette jeunesse nazie, de cette existence de soldat Allemand, comment il a rencontré Maximilian, qui était-il pour lui et comment en sont-ils arrivés là où ils en sont arrivés. De très beaux instants entre ces deux personnages, qui vous feront trembler de peur, de tendresse. 
Johannes m'a beaucoup émue à travers ses mots et ses pensées, mais aussi à travers cette timidité quand l'instant tant souhaité arrive. 
Vous verrez aussi comment les liens qui l'unisse à sa famille sont forts et respectueux, particulièrement la relation avec son fils.

Pour moi cette histoire est à lire pour en ressentir toute la force, la cruauté et la beauté du texte, de ses personnages. Texte extrêmement bien écrit, et qui, sans prendre partie ou quoi que ce soit, arrive juste à nous exposer une histoire d'amour et d'amitié dans un contexte terrible, et surtout, arrive à nous attendrir et nous émouvoir pour deux...barbares... monstres... bourreaux, juste par leurs ressentis, leurs pensées, leurs vérités... leur vie d'hommes et de soldat, tout simplement.

La plume de l'auteur est magnifique et pleinement exploitée. Une plume qui vous fait naviguer en eaux agitées, surfer sur la vague des émotions, dans toutes leurs nuances, qui vous fait pleurer, renifler. Une plume qui vous fait frémir, comme une pluie d'été. Une plume qui sait utiliser les bons mots pour vous faire goûter au plaisir de la lecture et tout ce qu'elle peut vous apporter comme sensations. Une plume qui confère une réalité telle, qu'elle vous effraie et vous rassure à la fois.

Et cette fin... juste terriblement sublime. Tout autant que la couverture (ou le titre) qui prend tout son sens à la fin du récit.

En bref, un émouvant coup de cœur pour ce roman, que je ne vais pas hésité à me prendre en papier. Une lecture terminée avec beaucoup d'émotions, de regrets aussi pour chaque personnage de cette histoire, un profond sentiment de gâchis mais aussi de compassion, voir une sorte d'admiration pour les moments passés de et entre Johannes et Maximilian. 
Une très belle histoire, qui m'a tirée les larmes, qui m'a plongée dans une période très dure et parfois ignoble. Le tout raconté avec un entremêlement de pudeur et de violence, autant dans les sentiments que dans les actes.

A découvrir absolument.




Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Chronique : "Lever l'encre"

Chronique : "Quand le vent caresse mes cheveux"

Chronique : "Le club des feignasses"