Chronique de "La couleur de l'enfer" de Tan Hagmann

♥♥♥♥♥/5 *** COUP DE ♥ ***


Auteur : Tan Hagmann
Editeur : Editions Textes Gais
Sortie : 24 mars 2016

Résumé :
Le mannequin danois Kris Jorgensen a désormais le vent en poupe, mais il est partagé entre deux désirs : vivre au grand jour avec l’homme qu’il aime et avoir des enfants. Son espoir de paternité n’est pas inaccessible car, pour des raisons d’image, son employeur l’a contraint à prendre épouse.
Comment faire pour aller au bout de ses rêves et concilier épanouissement personnel et réussite professionnelle ?



*** MON AVIS ***

Cette suite de "Bi live in Me" est aussi douce qu'amère, un condensé de sentiments à fleur de peau. 
Nous retrouvons Kri et Déa qui vivent leur amour fou, leur amour fort, leur amour clandestin mais aux yeux de tous. Un amour qui les transcende et qui les fragilise. Un amour qui fera ressortir chez Andrea ses peurs les plus secrètes, ses traces du passées oubliées, mais jamais effacées. Si Kri tente de l'aider, il est encore trop tôt pour lui, pour se confier, se libérer totalement.
Kristian, lui, est tiraillé entre son amour pour Andrea et son besoin viscéral d'être père. Un besoin qu'Andrea a du mal à comprendre.

Au fil des pages de ce court roman, nous découvrons nos deux héros à la fois heureux et malheureux. Heureux de cet amour si vrai, et malheureux de cette liberté totale qu'ils n'ont pas encore acquise de part les obligations de Kri. Et toujours ce spectre de Aude, la femme de Kri, qui plane au-dessus d'eux. Celle-ci m'aura d'ailleurs étonnée car c'est une femme gentille et douce qui encouragera son mari dans ce qui le rend heureux, pour réussir là où elle échoue....et quel échouage.

Kri et Déa sont deux caractères forts, deux écorchés vifs, deux hommes que la passion rend vulnérable et courageux.
Déa est très épris de Kri, Kri, c'est sa muse, son obsession, son souffle, sa respiration. Andréa a bien évolué dans cette suite, et se montre déterminé dans ce qu'il souhaite, et surtout dans les démonstrations affectives envers son homme.

Après des moments passionnés, après des petites disputes, un drame survient, et c'est tout l'amour qu'il se porte qui devient la couleur de l'enfer, la couleur de la chute, de la déchéance. Kri devient un fantôme, bascule du mauvais côté et c'est tout ce qu'il avait réussi à faire disparaître au contact de Déa qui revient à la surface, ses doutes, son rabaissement par rapport à Andrea, tout son côté obscur qui redevint lumière.
Le cœur de Andrea va souffrir, va pleurer, va saigner de ce silence, de cette impuissance à sauver son amour. 
Puis, dans une illumination, un second souffle, un tout petit rien qui fera que peut-être tout peut redevenir possible. 
Alors j'attends la suite avec impatience pour continuer ma route avec eux, pour voir si ils auront la force nécessaire pour tout nettoyer, tout absoudre.

La plume de l'auteur est fluide, agréable. Elle vous transporte dans des émotions très intenses, émouvantes, avec des personnages dont le caractère est troublant, attachant. Une écriture douce, parfois plus brutale, pour exprimer cette sensibilité qui se dégage de chacun de nos deux protagonistes.
La fin du récit s’enchaîne à une telle vitesse que mon cœur a raté quelques battements, qu'il a pleuré pour Kri qui, inexorablement, s'enfonce dans la déchéance, la souillure, la douleur, sans réussir à entrevoir la lumière que Déa peut lui apporter, mais surtout, sans apercevoir que Déa est là, tout près, avec lui, pour lui.
Bref, des émotions qui font le yoyo, des émotions fortes, déchirantes.

Une courte suite où Déa et Kri, malgré leur amour sincère, seront rattrapés par leurs secrets et leur passé, mais où cet amour prend forme, s'ancre dans leur peau, leur esprit, leur vie. Un amour extrême relaté par des mots et des phrases qui vous emportent.

Merci.


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