Chronique de "L'Ombre dansante du Dragon" de Jeremy Henry

♥♥♥♥♥/5



Auteur : Jeremy Henry
Editeur : auto-édition
Sortie : 5 décembre 2015

Résumé :
Quand une vague d’agressions homophobes s’abat sur Shinjuku (le quartier gay de Tokyo), l’Inspecteur de Police Kudô Shôji ne se doute pas que Sasakawa Ren, dont il vient de faire la connaissance récemment, va se retrouver impliqué lui aussi dans cette sombre affaire. 

"Par amour on est prêt à tout, mais on ne prend pas toujours les bonnes décisions quand le cœur prend le pas sur la raison…" Et les deux hommes vont douloureusement l’apprendre à leurs dépens. Ils vont être obligés de choisir entre devoir et amour. Sauront-ils y arriver ? 


*** MON AVIS ***

Un excellent premier livre avec lequel j'ai passé un agréable moment : lu pratiquement d'une traite, je dis bien pratiquement, car il a fallu aller dormir quand-même !

Dès les premiers mots vous êtes happés dans cette atmosphère Nippone. Un tout nouveau monde pour moi, où il a été très délicieux de me plonger. Nous suivons l'histoire de Ren et de Shôjï, l'histoire d'une belle rencontre, inopinée, motivée par leur passion de la moto. Dès les premiers regards ces deux hommes s'attirent. Seulement Ren reconnait le danger en Shôjï, le danger d'un sentiment fort qu'il ne souhaite plus éprouver pour un hétéro. De pages en pages, nous allons découvrir cette relation qui se tisse entre eux, ce lien qui devient vital.

Ren est un personnage charismatique, énigmatique, qui parait fort, invincible, sûr de lui, arrogant. Cependant, au fil de notre lecture, nous nous apercevons que sous ce masque dur se cache une personnalité sensible, blessée et très émotive, une personnalité à fleur de peau, mais qui ne manque pas de courage ni de volonté.

Shôjï est un flic intègre, honnête, têtu, un brin taquin et quelque peu intimidé par Ren. Dès qu'il voit ce dernier, il sait ce qu'il veut, il sait ce qu'il désire, même si cela ne lui est jamais arrivé. Au contraire de Ren, sous ses airs apeurés et plus fragiles, nous découvrons un Shôjï fort, audacieux, directif, réconfortant, extrêmement courageux, prêt à tout pour sauver et aider celui qu'il aime.

Ren et Shôjï vivent une histoire assez extraordinaire, un peu foudroyante, pleine de passion, de sexe et d'amour. Seulement, quand les origines de Ren font surfaces et qu'elles s’entremêlent à l'enquête en cours de Shôjï, c'est leur vie et leur destin qui basculent. Ils entrent de plein fouet dans le monde des Yakuzas, un monde fait de code, d'honneur, de danger, de mort. S'ensuit alors pour nous lecteurs un suspens haletant, une partie de cache-cache, mais surtout, nous sommes spectateurs du choix de Shôjï et Ren, ce choix qui leur impose de prendre des décisions sur leur carrière, leur futur.

La plume de l'auteur est fluide, agréable. Il nous entraîne avec passion dans un monde très travaillé, sans vous embrouiller dans trop de détails, juste ce qu'il faut pour vous plonger en plein cœur de ce Japon obscur et d'en connaitre les codes. 
Les scènes de sexe sont assez explicites, sexy, endiablées, empreintes d'amour et de fougues mêlés...elles vous donnent parfois chaud, sans être vulgaires. 
Dans ce récit, grâce aux mots, aux descriptions de l'auteur, nous sentons tout l'amour que se portent Ren et Shôjï, mais aussi tout ce respect qu'ils ont l'un pour l'autre, cette envie de se protéger mutuellement, de ne faire plus q'un. 
Une certaine scène du récit m'a beaucoup bouleversée, j'ai ressenti de plein fouet toute la douleur et la détresse de Ren, son impuissance, sa déchéance, son abandon total, ce mutisme et cette perte dans laquelle il s'est retranché. Bref, un grand moment émotionnelle pour moi.

Au final, je dirai que j'ai beaucoup aimé cette histoire, car elle mêle à la perfection l'amour et le devoir, l'amour et la mort, l'amour et la peur, mais surtout l’amour inconditionnel et puissant de deux hommes très attachants, qui feront tout pour survivre et s'aimer. Un monde des Yakuzas très intéressant, une enquête bien menée où les révélations s’enchaînent, tant sur le passé de Ren que sur les coupables dans l'enquête de Shôjï. Une fin de roman très belle et assez déroutante, qui m'a beaucoup plu.

Et le moment que j'ai vraiment beaucoup adoré : c'est quand j'ai découvert le pourquoi du titre du livre : juste parfait, avec la couverture qui prend alors toute sa signification.

Merci.


Commentaires

  1. Bonsoir ^^ Ce fut un coup de coeur pour moi aussi ! Effectivement, la compréhension du titre était un sacré moment, je ne l'avais pas deviné ; elle appuie bien le côté sensuel du récit.

    Au fait : merci pour la bannière du site ! Avec ce froid de canard dehors, ça réchauffe ^^

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci ;-) Et oui une très belle histoire, j'ai beaucoup aimé l'ambiance.

      Supprimer
  2. Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Chronique de "Après moi le déluge" de Matthieu Biasotto

Chronique de "Lola, petite, grosse et exhibitionniste" de Louisa Méonis

Chronique : "Je ne sais pas dire je t'aime"