Chronique de "Ceux qui restent" de Marie Laberge




Auteur : Marie Laberge
Editeur : éditions Stock
Sortie : mai 2016

Résumé :
En avril 2000, Sylvain Côté s’enlève la vie, sans donner d’explications. Ce garçon disparaît et nul ne comprend. Sa femme Mélanie s’accroche férocement à leur fils Stéphane ; son père Vincent est parti se reconstruire près des arbres muets ; sa mère Muguette a laissé échapper le peu de vie qui lui restait. Seule la si remuante et désirable barmaid Charlène, sa maîtresse, continue de lui parler de sexe et d’amour depuis son comptoir. 
Ce n’est pas tant l’intrigue qui fait la puissance hypnotique du roman de Marie Laberge que ses personnages, qui parlent, se déchirent, s’esquivent et luttent dans une langue chahutée, turbulente, qui charrie les émotions et les larmes, atteignant le lecteur au cœur.


~ MON AVIS ~

Un roman assez bouleversant, poignant. Le sujet traité n'est pas évident, mais il est traité avec une grande justesse et originalité. En effet, ce roman, c'est la parole donnée à ceux qui restent, à ceux qui subissent, sans savoir pourquoi, comment. Mais ce pourquoi a-t-il vraiment une réponse ?

Je ne vais pas vraiment vous parler de l'histoire en elle-même, car le résumé suffit largement à vous en donner les grandes lignes.

J'ai beaucoup aimé la façon dont chaque personnage est dépeint, avec ses humeurs, son caractère, mais surtout avec chacun cette façon si différente d’aborder ce suicide, de le surpasser, de l'estomper, ou tout du moins d'en chercher les causes, ce qui va grandement les troubler, les faire chavirer, pour ensuite revenir vers des eaux plus calmes, plus apaisées.

La plume de l'auteur est fluide, forte, elle vous transmet des émotions intenses, des émotions diverses, où chaque sentiment est appuyé, détaillé, où chaque personnage nous fait part de son introspection, sa recherche de ce pourquoi, de ses états d'âme.

Le phrasé est parfois très particulier car les expressions sont bien québécoises, ce qui m'a quelque peu dérangée et perturbée, ne connaissant pas.

Les protagonistes nous offre tour à tour leur vision de ce suicide, de cet espoir à s'en sortir, à se remettre en question, à se dire que finalement on ne connais jamais vraiment les gens, même s'ils sont à nos côtés, cette façon particulière d'analyser les autres aussi par-delà le regard de Sylvain, par delà les spéculations qu'ils s'inventent.

Ce roman offre un beau moment de réflexion, et un enchaînement de phrases assez percutantes, poétiques parfois, douces et si emplies de chagrin, mais aussi de vérités, des phrases qui vous toucheront et pour lesquelles vous ne pourrez pas rester insensibles.

Bref, un joli roman à découvrir, où les proches du "suicidé" vont tour à tour faire exploser leur colère, indignation, rage, et surtout cette incompréhension qui les ronge, qui les grignote. Cependant, cette phase du lâcher-prise, de la culpabilité, du remords, va les faire avancer, les libérer, les envoyer sur un chemin plus droit, avec cette déchirure qui s'estompe, mais qui restera à jamais indélébile.
Page après page, c'est une jolie démonstration pour trouver la force de vivre, d'aimer...tout simplement exister.



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