Extrait de "Mathias" de Lily HAIME

Je vous mets un petit extrait de "Mathias", de Lily Haime, mon livre best of the best.

Un passage que je trouve vraiment très beau.

Lily Haime a indéniablement une très belle plume, et sait très bien exprimer et nous faire ressentir chaque sentiment dans chacune des phrases, chacun des mots. Chaque ligne vous prend aux tripes, vous transporte et vous submerge.


Extrait "MATHIAS" - Lily Haime
« Je ne savais pas ce qu’il m’arrivait au juste. Eden était mon incohérence. Une équation impossible à terminer. Il me manquait toujours une formule pour l’identifier. Pourtant, cette étreinte, je la comprenais. Plus même, je la connaissais. Elle était d’une farouche délicatesse. Elle avait la saveur d’un café. De cette amertume qui fait trembler et grimacer. Et pendant quelques secondes, on se demande si on ne va tout recracher. Mais le goût est tellement bon qu’on en reprend quand même. Parce qu’on est déjà accro. Plus on en boit et plus on a envie d’en boire. La caféine a beau vous porter sur les nerfs, vous coller des crises de tachycardie, rien ne pourrait vous empêcher de replonger la tête dans votre tasse. Même les médecins le recommandent avec parcimonie. Mais qu’il soit bon ou mauvais pour vous, quelle importance ? Vous continuez parce que vous adorez ça. Eden avait cet effet sur moi. Il était ma drogue. Je n’aurais jamais dû commencer, jamais dû prendre ma première dose. Mais c’était déjà trop tard. J’étais dépendant de sa peau qui transpirait contre la mienne, de ses lèvres qui courraient sur ma clavicule, de ses mains qui étaient partout à la fois. Et comme tous les toxicomanes du monde qui pensent contrôler leur consommation de drogue, je pensais contrôler Eden. Mais il n’était pas de ces personnes que l’on dompte. Il vous donnait l’impression que c’était vous qui maîtrisiez, vous faisait croire que vous le possédiez. Et dans un sens, oui il m’appartenait. Là, en ce moment, juste à cet instant, était tout à moi. Rien qu’à moi. Sous moi. À ma merci. Et parce qu’il me le permettait, parce que j'étais le premier comme il était mon premier, je pouvais laisser la tendresse nous étreindre. »


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